Bientôt sur vos écrans

17/11/2009

Vous ouvrez votre Queseyo-scope page 12 “Tiens t’en as entendu parler toi Jeanine, de ce nouveau film d’avant-garde post-industriel post-globalization post-conceptuel, de sept films en un…euh..durée : 54h30min. Début vendredi 13 novembre 23h, fin lundi 16 novembre 5h30, ça te tente ?”
Ey, oh, Paul Claudel a pondu 11 heures de Soulier de Satin et tout le monde s’est rué pour le voir, faites pas vos snobs (quoooi c’est moi la snob?)
Jeanine : “Ah ouais, conceptuel..tu me lis le synopsis?”
“Deux français exilés à Buenos Aires décident de s’aventurer un petit plus loin encore, au sud, sur la côte, pour aller voir ce que peut bien donner ce festival international de cinéma de Mar del Plata”
Salles : Teatro Colon, Cinés du Paseo salles 1, 2, 3,4, Ambassador salles 1,2,3,4.

Vous êtes perplexe, 54 heures..Ouh la, faudra penser au thermos de café et aux pop-corn…
Vous préférez donc, on vous comprend, vous contenter pour l’instant de jeter un coup d’oeil à la bande-annonce.

***

Pour lancer la Bande-annonce, ne cliquez pas ici, faites cliquez vos yeux sur les mots suivants, de gauche à droite et dans un sens descendant

( Jour 1. Extérieur nuit ) Ca commence dans un train. Non, pas si vite, ça commence sur le quai du train. De la gare de Constitucion. 22h50. Plan serré sur nos visages affolés à la vue de la ferraille – et des rails et du raï- “Ouh là, ah oui, en effet”.
On nous avait prévenu ” Ah..vous y allez..en train !? Suerte, j’espère que vous arriverez à destination!” “Prends des photos“…Oui.
Vu de l’extérieur, le train a franchement l’allure d’un wagon à bestiaux. On se demande s’il va rouler. “Le système ferroviaire en Argentine a été totalement laissé à l’abandon, et la ligne Mar del Plata- Buenos Aires est la seule qui fonctionne encore“. Je me rappelle d’un article lu plus tôt sur internet. Bon, fonctionne, donc.
Coche 607, dit notre billet. Aucune indication sur les wagons. “Mais si, mamita, c’est là” m’assure une femme toute décoiffée -par l’épreuve que lui demande la cargaison de ses deux valises au bord du train – en me désignant du doigt une pancarte suspendue en haut de nos têtes. Bien sûr, mamita. Entrons.

( Jour 1-Jour 2 Intérieur nuit) A l’intérieur, rien de bien méchant. Pas non plus le TGV futuriste de Christian Lacroix, mais pas non plus le wagon à bestiaux imaginé plus tôt. Lumière tamisée, des jeunes, des vieux, atmosphère mi-joyeuse de départ en week-end, mi-calme du “il va bien falloir dormir là”. Un pull, deux pulls, écharpe, recroquevillés, parés pour la “nuit”.
Bebidaas, sandwiches” passe d’abord. Puis au départ du train deux hommes qui demandent à tous d’abaisser les volets en fer “pour une simple question de sécurité“. Hein ? “Ils pourraient jetter des pierres“. Qui ils ? Pourquoi ? Je vérifie si j’ai bien compris auprès de nos voisins armés eux de guitare, haut-parleurs et maté. Ca les fait bien rire. “Bah oui, c’est sauvage ici”.

La nuit passe je ne sais pas trop où, je ne sais pas trop comment, jusqu’à mon portable qui affiche 5h15..Mal au cou, mal au dos, mal réveillée…Ca n’arrive pas souvent d’être aussi content de se lever à 5heures. On approche de notre destination. Lever du soleil.

Par la fenêtre, des champs, des vaches, puis quelques maisons vraiment mal en point, qui annoncent plus loin une “villa”, traduisez bidonville et non pas villa, ici. Une usine qui a l’air tellement centenaire que je n’y crois pas, quand en la dépassant le vacarme me confirme qu’il y a bien des machines en marche, là dedans. Puis des grandes rues vides, des lotissements, un chien, des tags, un chantier, la gare.

( Jour 2 Extérieur jour ) Sur le quai, les voyageurs se dispersent rapidement, laissant seuls deux gros sacs d’avocats accueillis avec perplexité par nos regards endormis.

5h50…sans doute trop tôt pour un avocat – amusé par ma photo, l’homme m’en a offert un – …zzzz…Caféine ? Plan serré de nos paupières qui luttent de toute leur force pour rester ouvertes. Ecran Noir. Les paupières se réouvrent au café en face de la gare, medialunas, submarino – une barre de chocolat fondue dans du lait chaud-. A la télé : la performance d’une journaliste qui réussit à commenter des minutes entières des images d’inondations à Buenos Aires, y compris une feuille qui tournoie deux bonnes minutes au dessus d’une bouche d’égoût. Très fort.

Hostel del mar, pas de lit libre pour redormir, aie, aie, google, programmation du festival, lecture des synopsis, 13h, 16h30, 20h, “Fais voir la durée, c’est bon, les films ne se chevauchent pas?” Programme du combattant, envie de tout voir, envie de dormir, “C’est bon, t’as pris le programme annoté?“. C’est bon.
Fins prêts.
Fin de la bande-annonce.

Et parce que tout cinéphile a le droit de refuser de voir un film après l’avant-goût de la bande-annonce, ce post s’arrête ici.

Mais très bientôt sur vos écrans,

Francia
Andrès no quiere dormir la siesta
Life during Wartime
A matter of size
Mal dia para pescar
La hora de la siesta
The Misfortunates
Anuncios

2 comentarios to “Bientôt sur vos écrans”

  1. […] 17, 2009 Pour ceux que la bande-annonce du film le plus long de l’histoire aurait convaincus…j’arrive. Mais avant petite […]

  2. sophie laurent said

    j’adore! et j’en redemande… bravo
    mam

Responder

Introduce tus datos o haz clic en un icono para iniciar sesión:

Logo de WordPress.com

Estás comentando usando tu cuenta de WordPress.com. Cerrar sesión / Cambiar )

Imagen de Twitter

Estás comentando usando tu cuenta de Twitter. Cerrar sesión / Cambiar )

Foto de Facebook

Estás comentando usando tu cuenta de Facebook. Cerrar sesión / Cambiar )

Google+ photo

Estás comentando usando tu cuenta de Google+. Cerrar sesión / Cambiar )

Conectando a %s

A %d blogueros les gusta esto: