Ciné mon Amour

11/10/2009

pluie.1183487437

“Buenos Aires, capitale de la culture”. “Tu vas voir c’est incroyable, chaque soir, l’infinité d’options que tu auras”. “Et puis si tu aimes le ciné tu vas te régaler”.
Forcément j’avais beaucoup d’attentes.

Hier soir. On marchait vite, déjà en retard pour le début à 20h30. Destination Carlos Calvo 668.
” Vi un rayo!” me dit Patricia. Soit. Et puis quelques gouttes ont commencé à tomber. Quelques gouttes puis toutes leurs copines et leurs cousines et..bref une bonne averse. On s’est mis à courir. Là j’ai compris la signification de “rayo”. Eclair. Les joies des langues étrangères.

Arrivée sur Carlos Calvo. 604…632…644…
Chaque bloc ( cuadra) de Buenos Aires va d’une centaine à l’autre, on parcoure donc comme des folles le bloc qui va de 600 a 700. Heureusement qu’il n’y a pas 100 maisons par cuadra…

668. Ouf. Une petite maison de San Telmo, pas bien différente des autres. Une façade des balcons des fenêtres une porte. Une sonnette normale. Et en dessous une petite, qui porte une étiquette écrite à la main. “Mon amour”. En français s’il vous plaît.

“Adelante”, “En avant” nous répond l’interphone. Oui mon amour, j’arrive.
On s’avance dans une petite allée au bout de laquelle une porte est entrouverte. Deux regards amusés par nos têtes toutes ébouriffées nous accueillent dans une petite pièce lumineuse. Un des murs porte l’inscription “Buenos Aires mon amour”.

– “Bonsoir, on a une réservation pour deux”. L’homme parcoure des yeux une liste où quelques noms ont été ajoutés au stylo au bas d’une liste imprimée. J’ai réservé il y a une heure sur internet, on n’est pas encore sur la liste VIP.
– “Ah oui, je vous vois là. C’est la première fois que vous venez?”
Euh on est où, dans une secte?
– “Vous me donnerez votre mail en sortant, je vous enverrai la programmation”.
Bon, si c’est juste un mail.

Il doit y avoir une vingtaine de places. Un peu plus. Quand les derniers arrivés s’installent, je nous compte. 20 très exactement. 12 femmes. 4 “jeunes”. 2 “vieux”.

La pluie ne s’arrête pas, et nous tient compagnie à travers la fenêtre du fond de la salle. Quelques personnes se retournent à tour de rôle, mais se font à l’idée -j’imagine- que ce soir nous aurons une deuxième bande sonore.

La pluie couvre les paroles d’une jeune femme brune qui s’avance devant l’écran pour nous présenter le film.
” Le film que nous avons voulu vous présenter ce soir est Genova, de Michael Winterbottom. Il a gagné le prix du meilleur réalisateur au festival de San Sebastien en 2008. Ce réalisateur est connu pour…”

Ciné-club oblige, un court-métrage ouvre la séance. Humphrey Bogart conduit une voiture rouge en plastique, dans une ville en plastique. D’animation donc.

Puis le menu du DVD, comme à la maison. “Play”.
La première scène est de celles qui vous restent en tête tout au long du film et au delà. Je pleure au bout de dix minutes. Colin Firth, le premier rôle, me fera décidément toujours penser à Mark Darcy. Pour en savoir plus sur le film, mettez-vous au portugais pour comprendre les explications de Patricia…!

Deux heures plus tard, à peine le temps de se rhabituer à la lumière, on nous tend un verre de vin. Tout frais, il me glace les mains. C’est vrai qu’ils avaient annoncé que succéderaient à la séance une dégustation de vin et un débat, mais je n’y croyais pas vraiment.
Je réalise aussi que la pluie n’a pas cessé. L’homme présente le vin à l’endroit où la femme nous avait présenté le film. “Vous buvez donc un vin de deux cépages différents…” Après des mots savants qui me rappellent des discussions oenologiques bien françaises, il conclut “Et pour ceux auxquels il plaît, c’est 15 pesos. Je l’ai acheté au Disco mais ils doivent l’avoir partout”. Ca a le mérite d’être honnête ! Mais il faut savoir qu’ici à partir de 10 pesos, soit 2 euros, on est a peu près sûr d’avoir un bon vin. Ou 13 pesos très exactement, comme me l’expliquait un ami hier “Au delà de 13 pesos tu ne peux pas te tromper”. Voilà des conseils oenologiques à ma portée.

Derrière nous une spectatrice s’exclame “Muy rico, muy rico”. ( Délicieux!)
Place au débat et à la femme qui d’une voix toute douce nous assure que toutes les opinions sont les bienvenues. Les spectateurs ne se font pas prier, les avis fusent.
Je retiens celui de l’amatrice du vin et de son amie.
La première fait référence à une scène où Colin Firth, après avoir attendu jusqu’au milieu de la nuit sa fille qui lui avait promis de rentrer a 10h, est incapable de dire un mot quand elle rentre visiblement éméchée et s’enferme dans sa chambre l’air de rien.
“Je l’aurais tuée moi! Nosotros somos latinos ( On est des latins, nous!) on reste pas comme ça sans rien dire, il faut qu’on s’exprime !”
Sa copine surenchérit “Mais il nie tout, de toute façon, il nie sa colère et son inquiétude de père, il nie le deuil de sa femme, c’est un “negador”.

Le débat se poursuit tout naturellement. Tous participent et s’écoutent attentivement les uns les autres, acquiescent, rectifient. La “modératrice” du débat nous lit une phrase de Michael Winterbottom. “Mon intention n’est pas que le spectateur vive le deuil de la famille, mais plutôt qu’il l’observe”. Euh…

La femme met fin au débat au parfait moment : les commentaires s’essouflent, les verres de vin se vident, et l’heure qui tourne me met en retard pour dîner.
Retour dans la petite pièce lumineuse où l’homme distribue la programmation aux spectateurs qui déplient leurs parapluies. Il me raconte que le ciné club a fêté ses deux ans et que lui et la femme – l’histoire ne dit pas s’ils sont amis, amants, cousins, collègues, ou dans la même équipe de foot ( bah oui, cinéphiles et footeux)- sont là, dans ce petit ciné club insoupconné de Carlos Calvo 668, depuis novembre. Ils n’ont aucunes fins lucratives, d’où l’impossibilité de faire de la pub et de proposer des places autrement que sur internet. “Buenos Aires mon amour” fait référence à “Hiroshima mon amour” d’Alain Resnais, me fait-il réaliser.
Il me demande ce qui m’amène à Buenos Aires et me promet alors de m’envoyer un mail à propos du séminaire ” Journalisme et Cinéma ” qui commence le mois prochain.

Alors que je passe ma main dehors pour mesurer l’intensité de la pluie et calculer combien de centimètres carrés de mes vêtements ont une chance d’être restés sec après le trajet du retour, la femme “Muy rico” et “Somos latino” nous dit toute sourire que le catamaran de 23h va bientôt passer au coin de la rue.

On m’avait dit “Buenos Aires capitale de la culture”. “Tu vas voir c’est incroyable, chaque soir, l’infinité d’options que tu auras”. “Et puis si tu aimes le ciné tu vas te régaler”. J’avais forcément beaucoup d’attentes.
Hier soir. On marchait vite, déjà en retard pour le début à 20h30. ” Vi un rayo!” me dit Patricia. Soit. Et puis quelques gouttes ont commencé à tomber. Quelques gouttes puis toutes leurs copines et leurs cousines et..bref une bonne averse. On s’est mis à courir. Là j’ai compris la signification de Rayo. Eclair. Les joies des langues étrangères.
Destination Carlos Calvo 668.
Arrivée sur Carlos Calvo. 604…632…644…
Chaque bloc ( cuadra) de Buenos Aires va d’une centaine à l’autre, on parcoure donc comme des folles le bloc qui va de 600 a 700. Heureusement qu’il n’y a pas 100 maisons par bloc..
668. Ouf. Une petite maison de San Telmo, pas bien différente des autres. Une façade des balcons des fenêtres une porte. Une sonnette normale. Et en dessous une petite, qui porte une étiquette écrite à la main. “Mon amour”. En français s’il vous plaît.
“Adelante”, “En avant” nous répond l’interphone. Oui mon amour, j’arrive.
On s’avance dans une petite allée au bout de laquelle une porte est entrouverte. Deux regards amusés par nos têtes toutes ébouriffées nous accueillent dans une petite pièce lumineuse dont un des murs porte l’inscription “Buenos Aires mon amour”.
– “Bonjour, on a une réservation pour deux”. L’homme parcoure des yeux une liste où quelques noms ont été ajoutés au stylo au bas d’une liste imprimée. J’ai réservé il y a une heure sur internet, on n’est pas encore sur la liste VIP.
– “Ah oui, je vous vois là. C’est la première fois que vous venez?”
Euh on est où, dans une secte?
– “Vous me donnerez votre mail en sortant, je vous enverrai les programmations”.
Bon, si c’est juste un mail.
Il doit y avoir une vingtaine de places. Un peu plus. D’ailleurs quand les derniers arrivés s’installent, je nous compte. 20 très exactement. 12 femmes. 4 “jeunes”. 2 “vieux”.
La pluie ne s’arrête pas, et nous tient compagnie à travers la fenêtre, au fond de la salle. Quelques personnes se retournent à tour de rôle, mais acceptent -j’imagine- que ce soir nous aurons une deuxième bande sonore.
La pluie couvre les paroles d’une femme brune toute souriante qui s’avance devant l’écran pour nous présenter le film.
” Le film que nous avons voulu vous présenter ce soir est Genova, de Michael Winterbottom. Il a gagné le prix du meilleur réalisateur a San Sebastien en 2008. Ce réalisateur est connu pour…”
Ciné-club oblige, un court-métrage ouvre la séance. Humphrey Bogart conduit une voiture rouge en plastique, dans une ville en plastique. D’animation donc.
Puis le menu du DVD, comme à la maison. “Play”.
La première scène est de celles qui vous restent en tête tout le film. Je pleure au bout de dix minutes. Colin Firth, le premier rôle, me fera décidément toujours penser à Mark Darcy. Pour en savoir plus sur le film, mettez-vous au portugais pour comprendre les explications de Patricia…!
Deux heures plus tard, je n’ai à peine le temps de me rhabituer à la lumière et de me rendre compte que la pluie n’a pas cessé, qu’on me tend un verre de vin. Tout frais, il me glace les mains. C’est vrai qu’ils avaient annoncé que succéderaient à la séance une dégustation de vin et un débat, mais je n’y croyais pas vraiment.
L’homme présente le vin à l’endroit où la femme nous avait présenté le film. “Vous buvez donc un vin de deux cépages différents…” Après des mots savants qui me rappellent des discussions oenologiques bien françaises, il conclut “Et pour ceux auxquels il plaît, c’est 15 pesos. Je l’ai acheté au Disco mais ils doivent l’avoir partout”. Honnête ! Mais il faut savoir qu’ici à partir de 10 pesos, soit 2 euros, on est a peu près sûr d’avoir un bon vin. Ou 13 pesos très exactement, comme me l’expliquait un ami hier “Au delà de 13 pesos tu es sûre de ne pas te tromper”. Voilà des conseils oenologiques à ma portée.
Derrière nous une spectatrice s’exclame “Muy rico, muy rico”. ( Délicieux!)
Place au débat et à la femme qui d’une voix toute douce nous assure que toutes les opinions sont les bienvenues. Les spectateurs ne se font pas prier, les avis fusent.
Je retiens celui de l’amatrice du vin et de son amie.
La première fait référence à une scène où Colin Firth, après avoir attendu jusqu’au milieu de la nuit sa fille qui lui avait promis de rentrer a 10h, est incapable de dire un mot quand elle rentre visiblement éméchée et s’enferme dans sa chambre l’air de rien.
“Je l’aurais tuée moi! Nosotros somos latinos ( On est des latins, nous!) on reste pas comme ça sans rien dire, il faut qu’on s’exprime !”
Sa copine surenchérit “Mais il nie tout, de toute façon, il nie sa colère et son inquiétude de père, il nie le deuil de sa femme, c’est un “negador”.
Le débat se poursuit tout naturellement. Tous participent et s’écoutent attentivement les uns les autres, acquiescent, rectifient. La “modératrice” du débat nous lit une phrase de Michael Winterbottom. “Mon intention n’est pas que le spectateur vive le deuil de la famille, mais plutôt qu’il l’observe”. Euh…
La femme met fin au débat au parfait moment : les commentaires s’essouflent, les verres de vin se vident, et l’heure qui tourne me met en retard pour dîner.
Retour dans la petite pièce lumineuse où l’homme distribue la programmation aux spectateurs qui déplient leurs parapluies. Il me raconte que le ciné club a fêté ses deux ans et que lui et la femme – l’histoire ne dit pas s’ils sont amis, amants, cousins, collègues, ou dans la même équipe de foot ( bah oui, cinéphiles et footeux)- et qu’ils sont là, dans ce petit ciné club insoupconné de Carlos Calvo 668, depuis novembre. Ils n’ont aucunes fins lucratives, d’où l’impossibilité de faire de la pub et de proposer des places autrement que sur internet. “Buenos Aires mon amour” fait référence à “Hiroshima mon amour” d’Alain Resnais.
Il me demande ce qui m’amène à Buenos Aires et me promet alors de m’envoyer un mail à propos du séminaire ” Journalisme et Cinéma ” qui commence le mois prochain.
Alors que je passe ma main dehors pour mesurer l’intensité de la pluie et calculer combien de centimètres carrés de mes vêtements ont une chance d’être restés sec après le trajet du retour, la femme “Muy rico” et “Somos latino” nous dit toute sourire que le catamaran de 23h va bientôt passer au coin de la rue
On m’avait dit “Buenos Aires capitale de la culture”. “Tu vas voir c’est incroyable, chaque soir, l’infinité d’options que tu auras”. “Et puis si tu aimes le ciné tu vas te régaler”. J’avais forcément beaucoup d’attentes.
Hier soir. On marchait vite, déjà en retard pour le début à 20h30. ” Vi un rayo!” me dit Patricia. Soit. Et puis quelques gouttes ont commencé à tomber. Quelques gouttes puis toutes leurs copines et leurs cousines et..bref une bonne averse. On s’est mis à courir. Là j’ai compris la signification de Rayo. Eclair. Les joies des langues étrangères.
Destination Carlos Calvo 668.
Arrivée sur Carlos Calvo. 604…632…644…
Chaque bloc ( cuadra) de Buenos Aires va d’une centaine à l’autre, on parcoure donc comme des folles le bloc qui va de 600 a 700. Heureusement qu’il n’y a pas 100 maisons par bloc..
668. Ouf. Une petite maison de San Telmo, pas bien différente des autres. Une façade des balcons des fenêtres une porte. Une sonnette normale. Et en dessous une petite, qui porte une étiquette écrite à la main. “Mon amour”. En français s’il vous plaît.
“Adelante”, “En avant” nous répond l’interphone. Oui mon amour, j’arrive.
On s’avance dans une petite allée au bout de laquelle une porte est entrouverte. Deux regards amusés par nos têtes toutes ébouriffées nous accueillent dans une petite pièce lumineuse dont un des murs porte l’inscription “Buenos Aires mon amour”.
– “Bonjour, on a une réservation pour deux”. L’homme parcoure des yeux une liste où quelques noms ont été ajoutés au stylo au bas d’une liste imprimée. J’ai réservé il y a une heure sur internet, on n’est pas encore sur la liste VIP.
– “Ah oui, je vous vois là. C’est la première fois que vous venez?”
Euh on est où, dans une secte?
– “Vous me donnerez votre mail en sortant, je vous enverrai les programmations”.
Bon, si c’est juste un mail.
Il doit y avoir une vingtaine de places. Un peu plus. D’ailleurs quand les derniers arrivés s’installent, je nous compte. 20 très exactement. 12 femmes. 4 “jeunes”. 2 “vieux”.
La pluie ne s’arrête pas, et nous tient compagnie à travers la fenêtre, au fond de la salle. Quelques personnes se retournent à tour de rôle, mais acceptent -j’imagine- que ce soir nous aurons une deuxième bande sonore.
La pluie couvre les paroles d’une femme brune toute souriante qui s’avance devant l’écran pour nous présenter le film.
” Le film que nous avons voulu vous présenter ce soir est Genova, de Michael Winterbottom. Il a gagné le prix du meilleur réalisateur a San Sebastien en 2008. Ce réalisateur est connu pour…”
Ciné-club oblige, un court-métrage ouvre la séance. Humphrey Bogart conduit une voiture rouge en plastique, dans une ville en plastique. D’animation donc.
Puis le menu du DVD, comme à la maison. “Play”.
La première scène est de celles qui vous restent en tête tout le film. Je pleure au bout de dix minutes. Colin Firth, le premier rôle, me fera décidément toujours penser à Mark Darcy. Pour en savoir plus sur le film, mettez-vous au portugais pour comprendre les explications de Patricia…!
Deux heures plus tard, je n’ai à peine le temps de me rhabituer à la lumière et de me rendre compte que la pluie n’a pas cessé, qu’on me tend un verre de vin. Tout frais, il me glace les mains. C’est vrai qu’ils avaient annoncé que succéderaient à la séance une dégustation de vin et un débat, mais je n’y croyais pas vraiment.
L’homme présente le vin à l’endroit où la femme nous avait présenté le film. “Vous buvez donc un vin de deux cépages différents…” Après des mots savants qui me rappellent des discussions oenologiques bien françaises, il conclut “Et pour ceux auxquels il plaît, c’est 15 pesos. Je l’ai acheté au Disco mais ils doivent l’avoir partout”. Honnête ! Mais il faut savoir qu’ici à partir de 10 pesos, soit 2 euros, on est a peu près sûr d’avoir un bon vin. Ou 13 pesos très exactement, comme me l’expliquait un ami hier “Au delà de 13 pesos tu es sûre de ne pas te tromper”. Voilà des conseils oenologiques à ma portée.
Derrière nous une spectatrice s’exclame “Muy rico, muy rico”. ( Délicieux!)
Place au débat et à la femme qui d’une voix toute douce nous assure que toutes les opinions sont les bienvenues. Les spectateurs ne se font pas prier, les avis fusent.
Je retiens celui de l’amatrice du vin et de son amie.
La première fait référence à une scène où Colin Firth, après avoir attendu jusqu’au milieu de la nuit sa fille qui lui avait promis de rentrer a 10h, est incapable de dire un mot quand elle rentre visiblement éméchée et s’enferme dans sa chambre l’air de rien.
“Je l’aurais tuée moi! Nosotros somos latinos ( On est des latins, nous!) on reste pas comme ça sans rien dire, il faut qu’on s’exprime !”
Sa copine surenchérit “Mais il nie tout, de toute façon, il nie sa colère et son inquiétude de père, il nie le deuil de sa femme, c’est un “negador”.
Le débat se poursuit tout naturellement. Tous participent et s’écoutent attentivement les uns les autres, acquiescent, rectifient. La “modératrice” du débat nous lit une phrase de Michael Winterbottom. “Mon intention n’est pas que le spectateur vive le deuil de la famille, mais plutôt qu’il l’observe”. Euh…
La femme met fin au débat au parfait moment : les commentaires s’essouflent, les verres de vin se vident, et l’heure qui tourne me met en retard pour dîner.
Retour dans la petite pièce lumineuse où l’homme distribue la programmation aux spectateurs qui déplient leurs parapluies. Il me raconte que le ciné club a fêté ses deux ans et que lui et la femme – l’histoire ne dit pas s’ils sont amis, amants, cousins, collègues, ou dans la même équipe de foot ( bah oui, cinéphiles et footeux)- et qu’ils sont là, dans ce petit ciné club insoupconné de Carlos Calvo 668, depuis novembre. Ils n’ont aucunes fins lucratives, d’où l’impossibilité de faire de la pub et de proposer des places autrement que sur internet. “Buenos Aires mon amour” fait référence à “Hiroshima mon amour” d’Alain Resnais.
Il me demande ce qui m’amène à Buenos Aires et me promet alors de m’envoyer un mail à propos du séminaire ” Journalisme et Cinéma ” qui commence le mois prochain.
Alors que je passe ma main dehors pour mesurer l’intensité de la pluie et calculer combien de centimètres carrés de mes vêtements ont une chance d’être restés sec après le trajet du retour, la femme “Muy rico” et “Somos latino” nous dit toute sourire que le catamaran de 23h va bientôt passer au coin de la rue.

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3 comentarios to “Ciné mon Amour”

  1. keseyo said

    herm… Bonita foto. Quisiera saber de que habla el texto… :p

  2. keseyo said

    *Mentira… Le juro que hasta comprendi… Pero yo no se si es porque estaba presente en la historia o si estoy aprendendo frances por osmose. 😛

  3. Claire said

    Quelle belle photo ! Et le texte est à la hauteur de mes attentes. Le titre “ciné mon amour” m’a tout de suite invitée à découvrir cette petit page de ton quotidien.
    Quel est le titre du film? Es tu loin de Mar del Plata car il y a un super festival de cinéma qui s’y déroule bientôt je crois.
    Comme j’ai hâte de partager un verre de vin, en savourant l’émotion cinéphile à tes côtés!

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