Je peins et je m’en vais

08/10/2009

pintoymevoy

Dimanche à la Plata, capitale de la province de Buenos Aires. A peine débarqués du bus, toujours un peu endormis, et pas encore entrés dans la phase photo intensive qui s’annonçait pour l’après-midi tourisme. Mais le passant à qui on avait demandé notre chemin nous avait conseillé de passer par l’avenida 1- “Elle mène à tout cette avenue, vous pouvez pas vous tromper” – toutes les rues de la Plata ont des numéros, mais j’ai pas trouvé les boutiques Chanel, Vuitton et compagnie sur la 5ème avenue…bizarre.

Et là, dans cette avenida 1, commencement de tous les commencements, je vois ce que vous voyez plus haut. Et forcément je me dis que ces écritures blanches méritent bien d’être capturées par ma petite boîte noire Lumix.

Forcément. En français ça donne “Je peins et je m’en vais”. C’est tout. Mais moi ça me fait rire.

J’imagine bien le type ( oui je sais ça peut-être une fille…)
Donc je l’imagine bien sortir sa bombe de peinture blanche, l’agiter la conscience toute tranquille, et décorer comme il se doit la devanture de la boutique, parce qu’après tout “Il peint et il s’en va”.

Je me demande à qui il s’adresse en fait.
Au propriétaire de la boutique ?A la police ? A sa mère ? A Dieu ?A sa conscience ?
Ou c’est un peu comme si sa copine l’avait appelé sur son portable pile au moment où il allait passer à l’action et que perturbé, il avait fini par écrire ce qu’il voulait dire au téléphone ” Oui oui chérie je sais, je suis en retard, mais juste je peins et je m’en vais“. Dommage, c’était peut-être un grand artiste qui s’apprêtait à marquer l’histoire de l’avenida 1 de la Plata, de l’Argentine que dis-je, par un graff d’anthologie.

A moins qu’il ait voulu rendre hommage à un autre grand artiste qui serait mort son pinceau encore dans la main ? Pour ne pas supposer qu’il soit lui-même en train de faire ses adieux…? A cette rue, à cette ville, à ce pays, à ce continent, à nous ?

De retour à Buenos Aires dimanche soir, j’ai découvert auprès de l’omniscient et tout-puissant Google, que Pinto y me voy est un groupe de rock argentin.
Pas si étonnant avec un nom pareil. Autant en faire quelque chose, plus qu’un graff qui sera vu par une pauvre française en balade du dimanche à La Plata.

Mais je préfère rester dans l’idée que c’est un type qui passait par là, tout seul avec sa bombe de peinture.
Et qu’un jour peut-être je le verrai, et que j’aurai l’occasion de lui demander où il s’en était allé.

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7 comentarios to “Je peins et je m’en vais”

  1. Ca me rappelle une phrase écrite sur un mur, que je ne visualise que parce qu’on me l’a racontée:

    “Je vous salis, ma rue”

    Je ne sais pas pour vous, mais je trouve ça plutôt ingénieux.

  2. keseyo said

    A mi me gusto mucho tu texto… Muuuy interesante… jejeje

  3. keseyo said

    Brincadeirinha…
    Lo importante es comprender exactamente cual es la logica de las calles de La Plata… porque… a final… nosotras vivimos en Buenos Aires… 😛

  4. et alors? il est où le poste du jour? on reste un peu sur sa faim là/ 😉 Patricia, Ricarda, keep the good work

  5. leo said

    j’ai lu cet article en avant première mondiale

  6. Lilou said

    “J’écris un commentaire et je m’en vais.”

    facile!

  7. Yo qué sé? said

    hubiera preferido sin la letra
    n…

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